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Domaine des FontenottesChichée, Yonne
Rangs de vignes du domaine à l'automne, feuillage doré
Le domaine

Une famille, un coteau, cent cinq ans

Le domaine tient sur quatorze hectares et sur une seule idée : ne pas gêner ce que le sol a déjà décidé.

L'histoire

En 1921, Auguste Roussillat achète trois quarts d'hectare au lieu-dit des Fontenottes. C'est l'année où le gel de mai emporte la récolte du village : les vignes se vendent mal, et il en profite. Il vend son vin en vrac aux négociants d'Auxerre, comme tout le monde alors.

Son fils Aimé creuse le chai sous la maison en 1954, à la pioche, avec deux voisins. C'est lui qui met en bouteille pour la première fois, en 1961, et qui plante en 1959 les rangs de vieilles vignes que nous vendangeons encore.

Bernard reprend en 1988 et double la surface. Sa fille Léonie, revenue de Beaune puis de deux ans en Nouvelle-Zélande, conduit le domaine depuis 2016. Elle a converti les quatorze hectares en agriculture biologique, puis engagé la biodynamie sur l'ensemble du parcellaire.

Le chai voûté du domaine, ses foudres et ses murs de pierre
Surface
14,2 hectares
Parcelles
23, toutes sur Chichée
Appellations
Petit Chablis, Chablis, Chablis Premier Cru, Bourgogne
Certification
Agriculture biologique depuis 2011
Biodynamie
Sur l'ensemble du parcellaire depuis 2019
Production
Environ 45 000 bouteilles par an
Feuillage de vigne et grappes vertes en fin de véraison

Vingt centimètres de terre, puis cent cinquante millions d'années.

Le terroir

Chichée est bâti sur la rive droite du Serein, à sept kilomètres de Chablis. Le coteau y est fait de marnes kimméridgiennes, une roche grise et friable, chargée de petites huîtres fossiles que l'on ramasse encore dans les rangs après une pluie. C'est elle qui donne au chardonnay sa tension et cette impression de sel en fin de bouche.

Sur le plateau, la roche change : le portlandien est plus dur, la terre plus mince, et le vin plus vif, plus court aussi. Nos Perrières viennent de là. Le bas de combe, plus argileux et plus frais, ne convient pas au chardonnay ; nous y avons planté du pinot noir en 1996.

L'exposition compte autant que la roche. Vaucoupin regarde le sud-est et prend le soleil du matin, ce qui avance la maturité de huit à dix jours sur le reste du domaine. Les vieilles vignes, elles, sont plein ouest en haut de coteau, sur un sol si maigre qu'un rang de vigne y produit à peine un litre.

Nous ne labourons pas tout, nous ne désherbons rien. L'enherbement d'un rang sur deux limite la vigueur et retient la terre lors des orages d'été, qui ont pris l'habitude d'être violents.

Grappes de raisin tenues à pleines mains au moment de la vendange
Savoir-faire

Peu de gestes, tous choisis

Vendange manuelle, en caisses de douze kilos, avec un tri à la vigne plutôt qu'à la table. Le raisin arrive entier au pressoir, où il est pressé lentement, sans éraflage.

Les fermentations partent seules, avec les levures du lieu. Nous ne chaptalisons pas, nous n'acidifions pas, et le soufre n'intervient qu'à la mise, à doses faibles. Les vins reposent sur leurs lies fines et ne sont ni collés ni filtrés serré.

Le bois est là pour respirer, pas pour se goûter : aucun fût neuf sur les cuvées de base, dix pour cent au maximum sur le Premier Cru.

Ceux qui font le vin

Le chai en enfilade, éclairé au fond par une seule lampe

Léonie Roussillat

Vigneronne. Quatrième génération, au domaine depuis 2016. Conduit la vigne, les vinifications et à peu près tout le reste.

Rangées de fûts alignés dans la cave voûtée du domaine

Bernard Roussillat

Son père. A repris le domaine en 1988, l'a passé en 2016, et taille encore les vieilles vignes chaque hiver.

La salle de dégustation du domaine, table dressée devant les vignes

Solène Aubertin

Accueil, visites et table du domaine. Cuisine les déjeuners du vendredi et du samedi avec les producteurs de la vallée.

Le reste se goûte.

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